HISTOIRE - 22 AVRIL 1919 : ASSASSINAT DU PORT-LOUISIEN SAINT-ELOI ÉTILCE A NANTES.




Saint-Éloi Théophile Étilce est né à Port-Louis, le 20 décembre 1892, dans une case de l’habitation Villeneuve, d’un couple de cultivateurs originaires de l’Anse-Bertrand pour le père et de Petit-Canal pour la mère.

Il fait partie des quatre enfants qui vivent encore au moment du mariage des parents en 1914.

Quand la première guerre mondiale éclate, deux sont en âge de combattre, Saint-Éloi Théophile et son frère Emmanuel, de deux ans son aîné. Mais Saint-Éloi Théophile Étilce a été exempté par le conseil de révision d’octobre 1913.



Photo : Le monument aux morts de Port-Louis, sur lequel figure le nom de Saint-Eloi Étilce.


Saint-Éloi T. Étilce a rejoint la France entre 1914 et 1919 et, en avril 1919, il se trouve à Nantes où il réside, dans un garni. Les sources les plus fiables le disent manœuvre, chauffeur ou graisseur sur un navire.

A l’époque, les citoyens ou sujets français de couleur sont victimes depuis quelque temps de brimades et de violences de la part de soldats ou de policiers américains.


Le 22 avril 1919, sur le lieu d’une foire, Saint-Éloi Étilce fait l’objet d’une sommation de la part de Stephen J. Wharton, un policier militaire américain. Ne comprenant pas l’anglais, Étilce reste immobile face au policier qui dégaine alors son revolver et fait feu à bout portant, blessant le jeune Guadeloupéen au ventre. Emmené par des gardiens de la paix à l’Hôtel-Dieu, le jeune homme meurt dans l’heure qui suit.


Wharton, arrêté par les policiers français, déclare confusément avoir pris Étilce pour un déserteur américain. Embarrassées, les autorités françaises, tenant à ménager les Américains remettent finalement Wharton aux autorités américaines. Comme on s’en doute, le coupable ne fut même pas inquiété par les autorités américaines qui auraient pu le faire passer en cour martiale.


Aucune source fiable n’attestant de la qualité d’ancien combattant de Saint-Eloi Etilce, il est vraisemblable que son nom figure par erreur sur le Monument aux morts de Port-Louis et qu’il a été confondu avec son frère Emmanuel qui, lui, a effectivement participé aux combats de la première guerre mondiale.


Pour de plus amples informations sur cette affaire, voir l’excellent article de Dominique Chathuant, publié en 2014 : Connexions et circulations : l’assimilationnisme dans un conflit mondialisé (1914-1919).

Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe, (168), 105–133. https://doi.org/10.7202/1026848ar




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