DR HENRI CORENTHIN - UN VISIONNAIRE GUADELOUPEEN



Né le 24 janvier 1924 à Port-Louis (Guadeloupe), il fut un docteur en médecine diplômé de la Faculté de Montpellier (France), fait partie de ces Caribéens qui se sont investis auprès des nouveaux Etats indépendants en Afrique dans les années 1960-1970.


Henri Corenthin arrive en 1955 au Soudan-Français (actuel Mali) dans le cadre de la coopération française. Il est nommé médecin-chef du cercle de Kita (Région de Kayes). Henri Corenthin s’engage aussi dans le syndicalisme et devient secrétaire général de l’Union des travailleurs de santé (UTS). Sur la scène politique, il adhère à l’US-RDA dont il fut l’un des commissaires à la jeunesse du bureau politique national mis en place lors du 5e congrès d’août 1958. Il est ensuite désigné, en décembre 1959 à Bamako, secrétaire politique (n°2) de l’Union de la jeunesse RDA, section de l’Union nationale de la jeunesse du Mali au sein du Parti de la fédération africaine (PFA).



Auparavant, en mai 1957, Henri Corenthin entre dans le premier gouvernement de la Loi-cadre comme ministre chargé de l’Elevage et des Industries animales. Poste qu’il occupe jusqu’en avril 1959 à la création de la Fédération du Mali. Dans le gouvernement de ce regroupement, le Soudanais Mamadou Aw est promu ministre des Travaux publics (TP). Son poste de ministre des TP, des Transports et des Télécommunications dans le gouvernement soudanais est désormais confié à Henri Corentin.


Celui-ci conserve ce poste (certes délesté des TP revenus à Mamadou Aw, le 25 janvier 1961) jusqu’au 17 septembre 1962. Quelques mois auparavant, il fait partie de la délégation malienne dépêchée à Paris dans le cadre des négociations sur la coopération franco-malienne.


La même année 1962, le congrès de l’US-RDA dissout le bureau de la Jeunesse dont était membre le médecin guadeloupéen qui avait pourtant acquis la reconnaissance de “la nationalité malienne pleine et entière” à lui accordée par un décret présidentiel (n°94/PG-RM) du 11 mars 1961.


Par la suite, son engagement et à sa conviction pour la cause du Mali irritent l’Etat français et particulièrement (le tout-puissant conseiller aux affaires africaines de l’Elysée).



Paris qualifie le Guadeloupéen de “révolutionnaire excité” et décide ainsi de lui retirer sa nationalité française.



Tombé en disgrâce politique, le Dr. Henri Corenthin est nommé directeur de l’Ecole des sages-femmes jusqu’au coup d’Etat militaire du 19 novembre 1968. Il apprend le renversement du président Modibo Kéita à partir du Mexique où il était en mission. De retour au Mali, le nouveau pouvoir lui propose de faire partie du gouvernement. Après moult négociations, le Dr. Corenthin finit par accepter et redevient, du 22 novembre 1968 au 19 septembre 1969, ministre des TP, des Transports et des Télécommunications (perdues à moins d’une semaine au profit du Tourisme dès fin novembre 68).


Il quitte le Mali en 1972 après s’être aussi illustré sur le terrain sportif. Il fut ainsi président fondateur de l’US Kita (1951) et du Club olympique de Bamako (COB en 1960) issu de la fusion de l’Union des sportifs d’indigènes et de l’Aigle noir de Bamako-Coura. Président de la Ligue de football de Bamako et membre du bureau de la Fédération malienne de football, Henri Corenthin fut aussi président de la Fédération d’athlétisme du Mali (1960-1969).


Et il contribua à la création du Comité olympique du Mali (l’ancêtre de l’actuel Cnosm) qu’il dirige de 1962 à 1967.



Cinq années plus tard, il quitte donc le Mali et retourne à Paris pour des études de spécialisation en néphrologie. Ayant recouvré entre-temps la nationalité française, le Dr. Henri Corenthin retourne définitivement dans sa Guadeloupe natale. Il y participe à la création des premières cliniques privées de l’île. Au plan politique local, il est un membre fondateur de l’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (UPLG), un parti politique qui milite pour l’indépendance de la Guadeloupe.


En 1992, il se présente aux élections régionales sur la liste Alternative Gran Koudmen, un mouvement indépendantiste qui participe pour la première fois aux élections et obtient 5,49 % de suffrages et deux sièges au Conseil régional. A la fin de son mandat, il se retire de la vie politique.



En 2009, Henri Corenthin soutient activement le LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon), le collectif à l’origine du mouvement social qui avait mobilisé les Guadeloupéens durant 44 jours contre la cherté de la vie. Ces dernières années, Henri Corenthin suivait assidûment l’actualité africaine et particulièrement la crise malienne. Dans son pays natal, Henri Corenthin est décédé le 17 avril 2016.

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