BLACK WALL STREET



Crédit photo : Ebony Magazine.



L'histoire du Black Wall Street, situé dans la banlieue de Tulsa, en Oklahoma, est l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire de l'Amérique au temps des lois Jim Crow... C'est l'histoire de la destruction gratuite d'une communauté noire indépendante, composée d'anciens esclaves, qui s'était battue contre vents et marées pour devenir un bastion du progrès et de l'ambition des Noirs, malgré les limites imposées par les lois racistes.



Après l'abolition de l'esclavage, les lois ségrégationnistes Jim Crow limitaient les opportunités offertes aux anciens esclaves. Aussi, d'anciens esclaves avaient émigré du Sud profond vers l'Oklahoma à pied, en chariot, à cheval et en train, à la recherche de cette promesse de liberté et d'égalité.



En 1921, une communauté noire prospère et florissante s'était établie, dans la banlieue de Tulsa, dans le quartier de Greenwood, d'abord appelé « Little Africa », puis « Black Wall Street ».

Cette communauté était séparée des résidents majoritaires de Tulsa par des voies ferrées. Les communautés noires et blanches ne s’étaient pas mélangées, mais Black Wall Street avait continué à prospérer dans le cadre de ce développement séparé.


À son apogée, Black Wall Street était composé de bâtiments commerciaux, de maisons et d'entreprises appartenant à des Noirs américains, qu'il s'agisse d'épiceries, de banques ou de bibliothèques, devenant ainsi un symbole de la richesse, de la fierté et de l'unité des Noirs.

Mais Black Wall Street était une enclave d'excellence noire dans une Amérique Jim Crow ségrégationniste et sa prospérité coïncidait avec la montée du Ku Klax Klan, manifestation concrète de l'escalade des tensions raciales de l'époque.


Le 1er juin 1921, sous l'influence du Ku Klax Klan, une foule de résidents blancs de Tulsa entrèrent dans Greenwood. Cette expédition avait été déclenchée par une rumeur qui avait fait le tour de la ville, accusant un cireur de chaussures de 19 ans, Dick Rowland, d'avoir violenté une jeune fille blanche alors que tous les deux étaient seuls dans un ascenseur.


Les Blancs de la région avaient refusé d'attendre que l'enquête se déroule, ce qui avait entraîné deux jours d'une violence raciale sans précédent. Trente-cinq pâtés de maisons étaient partis en flammes, 300 personnes étaient mortes, 800 avaient été blessées et 9.000 personnes s’étaient retrouvées sans abri. La défense de la vertu des femmes blanches était le motif officiel de cette violence raciale collective.



Cependant, il ne fait nul doute que la raison profonde de cette vague de violence était un désir de « remettre à leur place » ces Afro-Américains qui s'enorgueillissait de posséder « banques, hôtels, cafés, draperies, cinémas et maisons contemporaines, sans parler des luxes, tels que la plomberie intérieure et un système scolaire remarquable qui éduquait de façon supérieure les enfants noirs ». Plus impressionnant encore, à cette époque, « l'État de l'Oklahoma ne comptait que deux aéroports », et pourtant « six familles noires possédaient leur propre avion. »


L'histoire du Black Wall Street reste l'un des chapitres les plus sombres et, jusqu'à récemment, les moins connus de la période Jim Crow.


En juin 2020, la société de production de la star de la NBA LeBron James, SpringHill Entertainment, a annoncé être en train de développer un documentaire grand public sur la destruction du Black Wall Street de Tulsa Oklahoma.

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