COUPE DU MONDE 2018 - VICTOIRE DU SENEGAL


En difficulté dans ce Mondial pour l’instant, les nations africaines étaient à la recherche d’un premier succès dans la compétition. Le Sénégal vient ainsi de sauver l’honneur en décrochant un bon résultat face à la Pologne.

Sadio Mané connaissait déjà le stade du Spartak Moscou. Le 26 septembre dernier, il y avait offert le but de l’égalisation à Coutinho en Ligue des champions. À l’époque, Liverpool entrait difficilement dans sa phase de poules avec deux matchs nuls, et le Sénégal était encore loin d’être qualifié pour la Coupe du monde. Neuf mois plus tard, c’est en finaliste de la Ligue des champions qu’il revenait sur la pelouse moscovite. Et, à nouveau, c’est lui qui a décalé Idrissa Gueye, dont la frappe, contrée par Cionek, a permis aux Lions d’ouvrir le score à la 38e minute. En battant finalement la Pologne (2-1), les Sénégalais se sont montrés dignes de leurs aînés de 2002, et sont devenus la seule équipe africaine à avoir pris des points dans ce Mondial.

Lewandowski aphone

Jusqu’au CSC de Cionek, la dernière rencontre de la première journée semblait à même de nous offrir le premier 0-0 de la Coupe du monde. D’un côté, un Sénégal entreprenant, mais parfois frustrant, à l’image de M’Baye Niang, capable de créer les occasions autant que de les annihiler, mais qui deviendra finalement l’un des meilleurs joueurs sur la pelouse avant sa sortie à un quart d’heure du terme. De l’autre, une Pologne presque trop appliquée, au point de ne prendre aucun risque offensif, attendant son heure plutôt que d’aller la chercher. Robert Lewandowski est l’un des symptômes. La dernière fois qu’il avait croisé la route de Sadio Mané, le 1er août dernier en tournoi amical, l’attaquant du Bayern n’avait pu qu’observer Liverpool infliger 3-0 à son équipe, grâce notamment à l’ouverture du score d’un Mané à peine revenu de blessure. Aujourd’hui, à Moscou, Lewandowski est à nouveau observateur, loupant sa reprise de volée en pivot pour l’un de ses rares ballons à la 23e minute, avant de se faire boxer son coup franc par Ndiaye en début de deuxième mi-temps.

Le catenaccio sénégalais

Déjà pas bien fringants, les Polonais ne sont pas aidés par le sort. À peine entré en jeu à la mi-temps, Bednarek s’assomme à moitié dans un choc avec Sabaly au bout de 30 secondes. Un quart d’heure plus tard, c’est lui qui déconne sur le deuxième but polonais. Sorti du rectangle sur blessure juste avant, M’Baye Niang est autorisé à revenir sur le terrain en plein milieu du terrain. Profitant de l’effet de surprise, il trompe la vigilance de Bednarek, dribble Szczęsny et file marquer dans le but vide. Passant dans une disposition tactique beaucoup plus défensive avec l’entrée de Ndoye, le Sénégal gère son avantage et finit la rencontre avec six joueurs en défense, trois milieux très bas et un Moussa Konaté seul en pointe. Le fameux catenaccio sénégalais. Ce dernier est finalement brisé à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, lorsque Krychowiak marque de la tête sur coup franc. Mais le Sénégal tiendra. Dans le groupe le plus homogène du Mondial, les deux favoris (Colombie et Pologne) sont donc tombés au profit du Japon et du Sénégal, qui en prend la première place. Pologne (4-4-2) : Szczęsny – Piszczek (Bereszynski, 82e), Cionek, Pazdan, Rybus – Krychowiak, Zieliński, Błaszczykowski (Bednarek, 46e), Grosicki – Milik (Kownacki, 74e), Lewandowski. Sélectionneur : Adam Nawałka. Sénégal (4-4-2) : K. Ndiaye – Sabaly, Sané, Koulibaly, Wague – Gueye, A. Ndiaye (Kouyaté, 88e), Sarr, Mané – Niang (Konaté, 75e), Diouf (Ndoye, 60e). Sélectionneur :Aliou Cissé.

#sport