SOCIÉTÉ :Infidèle, contradictoire, surdouée... Comment la génération Y donne du fil à retordre aux e


DÉCRYPTÉS - La génération Y, née avec le numérique, bouscule le fonctionnement des entreprises. Le think-tank Culture numérique tente dans un rapport de décrypter les habitudes et les aspirations de ces "digital natives", et livre des préconisations pour que les entreprises puissent s'y adapter. LCI fait le point sur ce phénomène.

Ils sont jeunes. Ils sont nés avec un smartphone dans la main. Et ils baignent dans la culture numérique, tandis que leurs aînés y pataugent souvent. Les membres de la génération Y - ces "digital natives" qui ont vu le jour entre 1980 et le milieu des années 1990 -, après avoir déboulé sur le marché du travail et intégré les entreprises, y font valser les habitudes, les hiérarchies, les conformismes.

Un rapport du think-tank Cultures numériques vient de sortir sur le sujet. Il tente de décrypter le phénomène, afin de donner des clés aux sociétés pour s’adapter. Et profiter de ce qui peut constituer une belle opportunité. LCI s’est penché sur cette étude, et vous explique comment la génération numérique est perçue dans le monde du travail.

  • 1 Leur credo ? Pourquoi pas !

La génération Y apprend sur le tas, explique le rapport. Exit le savoir académique, elle ne jure que par l’expérience comme mode d’apprentissage. En revanche, dans l'entreprise, les jeunes considèrent les nouvelles technologies comme un dû, et ne supportent pas les pannes ou les réglages. Toute difficulté numérique dans un projet provoque alors une frustration immédiate. Car les jeunes considèrent en fait que, grâce aux outils digitaux, tout est possible, rapide, facile. Alors forcément, quand ils arrivent dans le monde du travail, et découvrent parfois de lourds processus ou une culture d'entreprise compliquée… la déception pointe. Mais plus généralement, ces nouveaux entrants sont généralement plus sereins que leurs aînés. Pour eux, l’échec ou l’arrêt d’un projet n’est pas synonyme d’une remise en cause du leadership, mais une "expérience positive qu’il convient de fructifier".

  • 2 Exit la notion de carrière linéaire

La génération Y, qui veut vivre des expériences professionnelles différentes, est une infidèle chronique vis-à-vis de l’entreprise. Cette méfiance, ce scepticisme vis-à-vis des grandes organisations tient souvent à l’exemple des parcours, parfois chaotiques, de leurs parents. Le rapport de forces tend d'ailleurs à s’inverser dans le démarchage des talents. Avant, c’était l’entreprise qui les choisissait. Désormais, ce sont eux eux qui la choisissent. Et ce qui les motive, c’est… l’aventure et l’apprentissage. Ils veulent qu'on leur vende du rêve. "Les jeunes choisissent d’entrer dans une société pour une expérience, une mission, et non pas pour une carrière", affirme le rapport.

  • 3 Ils n’aiment pas les chefs

La génération Y veut "contrôler et partager le pouvoir", analyse par ailleurs l'étude : alors que chez les dirigeants, le réflexe est souvent de conserver l’information pour garder le pouvoir, les digital natives aiment, à l’inverse, la transparence à tout prix. Ils veulent participer, être intégrés à la conception et à la mise en œuvre des objectifs. Reste que si l’autorité n’est pas nécessairement contestée, ces jeunes ont "peu de déférence pour la hiérarchie ou les règles", ils sont "peu respectueux des hiérarchies", "plutôt utilitaristes dans leurs objectifs", "très exigeants", indique le rapport. Bref, cela change beaucoup pour les managers. "Ceux-ci ne sont plus considérés comme des 'sachants' mais volontiers comme des G.O. !" Car ce qui compte le plus, c’est le plaisir de travailler ensemble.

  • 4 Ils fonctionnent à la récompense et la reconnaissance

Si le prestige symbolique des dirigeants est donc érodé, à l’inverse, les jeunes investissent beaucoup d'affect sur l'encadrant de terrain, très important pour eux. Ils attendent des "coachs, des connecteurs et même des joueurs", indique le think tank ­#Culture_numérique. Ils fonctionnent plus à l'empathie qu'à l'autorité. A côté de ça, la génération Y est attachée au travail collectif… tout en ayant donc chevillée au corps la reconnaissance individuelle. En fait, ces jeunes se considèrent presque comme des clients vis-à-vis de l’entreprise. Et ils veulent donc des réponses, des échanges, rapides et réactifs. Le seul entretien annuel d’évaluation ne suffit plus. La communication interne de l’entreprise doit s’adapter.

  • 5 Ils sont méfiants à l'égard des discours, mais attachés aux valeurs

Très attachée à son travail, la nouvelle génération est souvent plus indifférente au discours de l’entreprise que ses aînés. Souvent, pour elle, cela relève plus d’une "forme de propagande douteuse" que "d’un effort d’explication engageant". Pas de blabla, ils veulent des actes. Et l’important, pour eux, c’est la mission et les valeurs que porte l’entreprise. Ils veulent croire à ce qu’ils font, ils veulent être utiles au monde, demandent du sens dans leur travail. Tout cela complique donc singulièrement le métier de chef d’entreprise, à qui le rapport préconise deux qualités "indispensables" : l’exemplarité et l'empathie.

  • lci

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