DIASPORA - FRANCE : Mort d'Adama Traoré: un pompier contredit la version des gendarmes


Le 19 juillet dernier, Adama Traoré a trouvé la mort lors de son interpellation à Beaumont-sur-Oise. Le témoignage d'un pompier, qui vient d'être versé au dossier, indique que le jeune homme de 24 ans n'a pas été placé en position latérale de sécurité.

"Je veux savoir ce qu’il s’est passé. Nous allons nous battre pour une justice juste pour toi Adama." C'est par ces mots emplis d'émotion que s'est exprimée mardi soir Assa Traoré, la soeur de ce jeune homme mort le 19 juillet dernier lors de son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise. Or, le témoignage d'un pompier, appelé sur place après le malaise de la victime, pourrait relancer l'enquête sur les circonstances du décès.

Le 2 août dernier, le pompier, chef de l'équipe qui est intervenue à la demande des gendarmes, a été auditionné par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Un témoignage d'importance qui vient d'être versé au dossier d'instruction. Cette enquête a été ouverte après le dépôt par la famille d'Adama Traoré de deux plaintes pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et "faux en écritures publiques aggravés, dénonciation calomnieuse, modification de scène de crime".

Adama Traoré n'était pas en position latérale de sécurité

Dans son audition, révélée par l'émission Quotidien sur TMC, le sergent-chef explique qu'à son arrivée à la caserne, Adama Traoré, même après avoir fait un malaise, n'avait pas été placé en position latérale de sécurité (PLS). "Quand j’arrive autour de lui, il y a beaucoup de monde autour mais personne ne s’en occupe", rapporte le pompier. "La victime se trouve sur le ventre, face contre terre". Une version qui vient contredire celle des gendarmes.

Entendu par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), le chef de la patrouille qui a procédé à l'interpellation du jeune homme a confirmé que ce dernier avait bien pris le poids de trois gendarmes sur son corps. Il détaille: "Moi j’exerce une force sur son bras droit pour le déplier, bras droit qui se trouve sous son corps. L’individu est contracté et nous empêche d’avoir une visibilité sur ses mains. Je tire à l’aide de mes deux mains sur son bras droit pour faire passer son bras droit dans son dos (…) Une fois que c’est fait, j’applique un contrôle dorsal costal le temps du passage des menottes".

Une fois menotté, Adama Traoré est transféré à la caserne de Persan, dans le Val-d'Oise. C'est lors de ce déplacement qu'il fait un malaise. Quand un gendarme signale au gradé qu'il est en train de "s'assoupir", le chef de patrouille "constate que l'individu est effectivement en train de s'affaisser dans le véhicule. il décrit également "la perte de tonus musculaire". "Il ne tient pas debout, nous le sortons à deux", poursuit-il. Puis assure qu'il a pris la décision de mettre l'interpellé en position latérale de sécurité.

Pour les gendarmes, il simulait

Pourtant, interrogé sur cette contradiction dans les versions, le pompier qui a pris en charge la victime maintient: "Moi quand j’arrive il n’est pas en PLS, il est face contre terre", explique-t-il à l'IGGN. "Je demande à un gendarme de faire retirer les menottes de la victime qui sont toujours placées sur les poignets, mains dans le dos", détaille-t-il encore. "Ce gendarme me répète que cet individu simule. Je constate que cet individu n’a plus de ventilation".

D'après Le Monde, qui a également eu accès à cette audition, le pompier, interrogé sur ces contradictions, souligne qu'"il est possible qu’il ait pu tomber s’il a été mis en PLS. (...) C’est impossible de tenir sur le côté avec les mains dans le dos menottées". Face aux pompiers, les gendarmes n'en démordent pas: pour eux, Adama Traoré simulait. "Nous ne détectons aucune anomalie qui nécessitait des gestes de premiers secours. Ce que je constate, c’est qu’il ouvre les yeux à plusieurs reprises", a déclaré l'un d'entre eux à l'IGGN. Mais à l'arrivée des secours, la victime n'a plus de pouls.

Le chef d'équipe des pompiers se souvient d'une autre réaction des militaires: "Les gendarmes, avant de prévenir la famille, ont dit qu’ils devaient prévenir du renfort car ça allait partir en cacahuètes".

Par J.C.

source : bfm

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