#BlackLivesMatterParis: JUSTICE POUR ALTON STERLING ET PHILANDRO CASTLLE …


Samedi 9 juillet, le soleil déclinait à peine dans le ciel estival parisien, dès 20h, au mur de la fresque de Rosa Parks de la rue d’Aubervilliers dans le 19ème arrondissement, des personnes ont commencé à arriver pour un rassemblement #BlackLivesMatterParis Justice for Alton Sterling and Philandro Castille.

L’annonce de ce rassemblement-vigil (veillée) avait été quelques heures plus tôt diffusée sur les réseaux sociaux et dans le journal Libération par un groupe « d’afro-descendants des USA expatriés » en France et par le collectif Ferguson in Paris suite aux doubles meurtres survenus cette semaine aux Etats-Unis d’afro-descendants tués par des policiers blancs.

En effet coup sur coup, cette semaine du 4 au 10 juillet a été particulièrement sanglante et drainé son lot de morts aux Etats-unis.

Cela a débuté à Bâton Rouge en Louisiane, le mardi 5 juillet soit au lendemain de l’indépendance Day du 4 juillet pour lequel les populations noires y ont aussi versé un lourd tribut. Ce jour-là, ce 5 juillet 2016 un père de famille vendeur de CD et DVD ambulant de 37 ans, Alton Sterling a été assassiné gratuitement parce qu’il était noir. Tué de 6 balles tirées à bouts portant par deux policiers blancs qui l’avaient maitrisé, plaqué au sol, un des policiers étaient quasiment à genou sur lui. La police invoque pour sa défense avoir reçu un appel anonyme d’une personne qui se disait menacée par quelqu’un ayant une arme à la main.

Un peu moins de 48 heures après, quatre Etats au nord de la Louisiane à Falcon Heights dans une banlieue de Minneapolis dans le Minnesota lors d’un control routier un autre afro-étasunien Philandro Castille a lui aussi été abattu par policier blanc.

En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire très vite des rassemblements ont eu lieu à la fois à Bâton-Rouge et dans le reste des Etats-Unis. Tout d’abord pour Alton Sterling et ensuite pour Philandro Castille également. Notamment à Dallas le 7 juillet où en représailles cinq policiers blancs qui encadraient un rassemblement Black Lives Matter ont été tués.

Puis information diffusée le samedi 9 juillet par l’AP, l’Associated Press trois autres policiers blancs ont également été tués lors de fusillades survenues dans d’autres Etats à savoir en Tennessee, au Missouri et en Géorgie.

Ces morts de policiers n’ont pas calmé les colères et les indignations car les manifestions, contestations de ces morts négrophobes se sont poursuivies dans tous les Etats-Unis mais aussi en Europe, comme à Londres.

Une initiative pour un rassemblement activiste a été organisée en Belgique pour le samedi 9 juillet.

Et alors que des gens se rassemblaient à Bruxelles ce samedi, Paris n’a pas été en reste avec un rassemblement le même jour.

Le choix a été fait à Paris de rendre un hommage dans un lieu symbolique qui est un point d’union artistiquement contestataire entre le mouvement Black Lives Matter et les quartiers populaires de Paris plutôt qu’à l’ambassade étatsunienne à Paris où autre part dans la capitale.

Parce que comme l’indiquait le communiqué de l’initiative parisienne, il n’était pas question de « de placer les fleurs et les bougies au pied des monuments d’oppressions » mais d’aller « dans les rues auprès des gens dans un endroit de commémoration et d’espoir ».

La veillée a été organisée selon ce qui figurait dans l’appel «pour honorer les vies perdues, pour montrer notre affection et faire part de nos condoléances aux familles (Aiyana Jones, Eric Garner, Tamir Rice et tant d’autres) et amis des défunts à qui les plaies se sont rouvertes ».

Dans la foule d’une trentaine de personnes présentes pour l’occasion, beaucoup d’expatrié(e)s afro descendant(e)s ou pas venus de différentes parties des USA et résidant en France.

Il y avait aussi des anonymes touchés par ces vies ôtées qui viennent s’ajouter aux milliers d’autres vies d’afro-descendant prises injustement outre-Atlantique parce qu’elles sont noires. Ces personnes sont venues spontanément rendre hommage à la mémoire des disparus.

Etaient présents également des membres de collectif de résistance afro descendante et anti coloniale basés en France comme La brigade anti Négrophobie, le Réveil K, Idle No More France ainsi que le collectif Ferguson in Paris fer de lance de l’évènement.

Assises par terre, ou posées sur les murs plusieurs personnes rédigeaient des messages sur des pancartes. Des fleurs ont été déposées au pied de cette fresque peinte avec les visages des figures historiques de résistance pour les droits civiques en terre de l’oncle Sam que sont Rosa Parks et Martin Luther King.

Cette fresque murale aux peintures exhalant la fierté et la beauté noire est également dédiée au Black lives matter et comporte des messages prônant le « get up stand up for your right ».

Des bougies ont été allumées le long du mur, entourant les pancartes réalisées au fur et à mesure, ou mise en forme de cœur. D’autres pancartes ont été scotchées sur le mur.

Puis une fois que le crépuscule commençait à basculer dans l’obscurité de la nuit, la veillée a pris un aspect plus solennel et autrement expressif. Un demi-arc de cercle s’est formé face au mur et à tour de rôle plusieurs personnes ont pris spontanément la parole. Chacun avec des mots et des messages différents, allant de la simple tristesse, à la révolte et la colère aux interventions beaucoup plus militantes et engagées en appel à résistance. Des liens ont été faits aussi avec ce qui se passe en France dans les banlieues et quartiers populaires où règne une violence discriminatoire avec également des victimes tuées par la police dans l’indifférence générale. Le cas actuel du petit garçon de 4 ans à Montreuil victime d’abus sexuel pour lequel il n’y a pas de justice rendue a été évoqué également.

Au moment où la commémoration débutait un petit incident est venu émailler l’instant. Un père blanc avec ses enfants blancs eux aussi passaient par là, l’homme ne comprenant pas le pourquoi du rassemblement ni le pourquoi de dire que la vie des noirs comptent au même titre que toutes les autres, a commencé à dire que bof ce n’était pas très important parce que « tout cela » se passait au loin et qu’en France « on n’a pas ce genre de problèmes ». Il a aussi affirmé qu’en France il n’y avait pas de problème de racisme, ni de discriminations et que pour en avoir la preuve qu’il suffisait de le demander à ses enfants. L’incongruité de ses dires lui a valu des réponses sèches et il lui a été demandé de respecter ce moment d’hommage. Il s’en est allé sans trop insister.

Ensuite d’autres bougies à tenir à la main ont été allumées pour la mémoire des assassinés. Un chant pour eux a été entonné par les « expats » des States comme ils s’appellent.

Puis pendant longtemps alors qu’il était tard dans la nuit, bien au-delà de 22h, plusieurs groupes de personnes sont restées sur place pour discuter, cela semblait comme difficile de se dire au revoir et de quitter ce lieu où les connexions d’humanités crées en cette occasion.

Emmanuelle Bramban pour Africana Network

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