JOURNÉE DE L'ENFANT AFRICAIN : Analyse sur une date méconnue


Il y a 40 ans déjà que de jeunes lycéens des bidonvilles de Soweto furent sauvagement abattus par un système raciste, alors cautionné par les grandes puissances du monde. Ces enfants revendiquaient le droit à une éducation décente et égalitaire, ainsi qu’à une instruction accessible dans leur langue maternelle. Au-delà du rejet de cette énième mesure discriminatoire des noirs d’Afrique du sud, entérinée par le Bantou Act, cette revendication démontrait :

1- L’engagement d’une jeunesse à protéger son identité et son avenir,

2- Le refus d’une assimilation présente ou future face à des envahisseurs barbares, qui avait été les assassins de leurs devanciers,

3- La lecture consciente de la menace d’extinction que représentait le régime afrikaners pour la survie de leur communauté Les enfants de Soweto sont tombés, devant leurs camarades de classe, portés par leurs amis, au pied de leurs mères inconsolables et de leurs pères impuissants.

Encore une autre injustice sur la terre-mère, encore du sang versé. Triste journée que celle du 16 Juin 1976 à Soweto ! La journée de l’enfant africain a été décrétée en hommage à leur bravoure, en souvenir d’une tragédie, qui jamais plus ne doit se reproduire sur le sol africain. La révolte de Soweto aura été le symbole d’une jeunesse africaine responsable et consciente des enjeux et des défis de sa collectivité.

Que dire de plus sinon que 40 ans plus tard, cette jeunesse africaine désormais instruite, choisi de vivre dans une douloureuse insouciance. Déconnectée des enjeux de sa terre et de sa communauté, elle est plus que jamais abonnée aux chimères véhiculées par les médias. Cette consommation excessive des contenus télévisuels et autres vidéo via les réseaux sociaux, endort son habileté à réfléchir, à questionner et à refuser un système qui se nourrit pourtant de sa sueur et de son sang et qui n’a pour seule norme que la domination et l’oppression.

Le sacrifice de Hector Pieterson, ce jeune garçon d’à peine 13 ans, et toutes les centaines d’autres victimes, tombés lors de cette lutte pour le droit à l’éducation, aura-t-il valu la peine, au regard de l’usage qu’en fait l'élite africaine d’aujourd’hui ? En ce moment, des enfants africains meurent en RDC, en Centrafrique, au Soudan, etc. Ils sont victimes de guerre, de viols, privés du minimum pour vivre et s’épanouir, entassés dans des camps de réfugiés dans des conditions néfastes à leur épanouissement.

Les enfants africains démunis et livrés à eux-mêmes, sont devenus la proie des prédateurs sexuels en uniforme; ils sont adoptés par des pédophiles, réduit en esclavage par des proxénètes. Nos enfants sont dans la rue avec pour ultime activité, la mendicité, la prostitution et le brigandage. Indifférence, inconscience, impuissance… ? Nos sociétés se complaisent dans l’immobilisme en attendant que le salut nous vienne des autres. Nos cœurs sont anesthésiés face à l’intolérable vision des enfants désœuvrés, qui tous les jours arpentent nos rues.

Quel avenir pour une Afrique qui assiste sans broncher à son extinction depuis sa base ? La sagesse africaine ne nous enseigne-t-elle pas qu’un enfant est un trésor, une richesse à cultiver et à entretenir ? Qui perpétuera notre mémoire ? Qui gardera nos savoirs et notre identité ? Qui préservera ce que nous avons bâti ? Qui conservera nos valeurs, notre humanité et notre civilisation ? Un enfant mérite d’avoir une enfance et une enfance heureuse.

Un sourire d’enfant ne devrait pas être un privilège mais un droit. Faisons en sorte que chaque cœur d’enfant porte un rêve; ce rêve est notre avenir à tous.

Aynalem pour Africana Network

#education #societe

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