HOMMAGE : Mohamed Ali ou le triomphe de l’homme noir.


Mohamed Ali, le célèbre boxeur a été inhumé ce vendredi 10 juin 2016 à Louisville sa ville natale. Redoutable boxeur, cet homme à, par sa gloire dans le noble art contribué à réhabiliter l’image de l’homme noir. Sa célébrité reste à ce jour, une victoire des noirs sur le régime blanc ségrégationniste. L’oncle Sam, bien que maintenant plus favorable aux Afro-américains, semble toujours garder une vieille dent contre eux.

Alors que les noirs passaient par les fourches caudines de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, le jeune Cassius Clay (vrai nom de Mohamed Ali) n’a trouvé meilleur espace pour s’indigner contre l’injustice du système que sur un ring. Son pas de danseur et son poing d’acier lui ont permis de conquérir le respect de ces gens d’une autre peau qui voyaient en sa race, la malédiction de Cham. Ironie du sort, en ce jour, où il entame son dernier voyage vers le père céleste, ce sont encore les rejetons de ces blancs esclavagistes et ségrégationnistes qui le portent en triomphe.

Mohamed Ali apparaît donc comme le symbole du triomphe de l’homme noir. Mais à quel prix ?

Le célèbre pugiliste a tout au long de sa vie, vécu que comme un prisonnier. Déjà dès sa prime jeunesse, parce que les lieux publics lui étaient interdits et ensuite durant sa retraite où son corps a pendant trois décennies été son geôlier à cause de la maladie de Parkinson dont il souffrait.

Cependant, son combat pour un meilleur traitement de l’homme noir sert-il encore à quelque chose aujourd’hui ?

Les noirs américains demeurent toujours prisonniers de leur peau. Ceux qui comme Mohamed Ali arrivent à forcer le respect ne valent pas plus qu’un petit blanc qui vient de naître. Cependant, les autres que la société blanche accuse encore de tous les péchés d’Israël à cause de leur dextérité à passer la poudre aux plus offrants demeurent des gibiers privilégiés de la police qui les abat sans un soupçon de regrets.

Les manifestations de protestation de la communauté sont étouffées par l’écume des jours, et la vie, rapidement, reprend son cours. Les auteurs de ces crimes sont rarement interpellés ou relaxés au bout de quelques mois. La société américaine tolère les Afro-américains. C’est à cela qu’a servi le combat de Mohamed Ali, de Martin Luther King et de Malcom X.

Bernardin PATINVOH, pour Africana Network.

#CHRONIQUES #societe

Posts à l'affiche
Posts Récents
Archives
Rechercher par Tags
Pas encore de mots-clés.
Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square

© 2020 Africana TV CARAIBES .