ASSASSINAT - OLIVIER KITANDA, ou le déshonneur d'une communauté que personne ne craint !


Il avait 23 ans, était professeur de Français à New Delhi. Il avait des projets, des ambitions, des rêves. Il était la fierté d'un père, l'investissement d'un pays, l'espoir d'une famille. Le samedi 21 mai, s'écrira à l'encre de sang, une page funeste de l'histoire de ce jeune homme, le point final de son histoire. Le destin d'Olivier Kitanda sera scellé par les jets de briques et de pierres des dieux indiens, ces humains devenus Dieu, qui se sont arrogés le droit et le pouvoir de décider de la destinée d'un autre. Trois Dieux indiens, disions-nous, ont décidé du sort d'un fils, d'un héritier, le sort d'une communauté toute entière dans l'indifférence coupable de la population et des autorités locales indiennes.

Le chef de police de New Delhi, interrogé par une journaliste enfoncera le clou en déclarant que les africains agressés sont responsables des actes de cruauté dont ils sont les victimes, attaques dont il faudrait leur attribuer tout le ''mérite''. Face aux injures, au mépris, à la sauvagerie et au racisme, les Africains devraient fermer leurs yeux, leurs oreilles, étouffer leur dignité et faire taire ce qu'il y a de plus humain comme aspiration : le droit de vivre dans la dignité et le respect, le droit d'exercer pleinement son humanité, et ce, pour avoir l'autorisation de VIVRE. Ainsi parlèrent ceux qui peuvent massacrer les africains, sans aucune crainte de représailles.

La dépouille d'Olivier, a été rapatriée comme un vulgaire colis de DHL, sans honneur ni reconnaissance par les autorités indiennes, dont le mépris et le dédain, ont atteint des sommets jusqu'ici égalé que par les occidentaux. Aucune représentation diplomatique indienne à son arrivée à Kinshasa, aucune couverture médiatique de la part des médias indiens, pas de funérailles nationales. Olivier sera inhumé presque dans l'anonymat.

Les autorités indiennes se sont dédouanées, les autorités congolaises sont peut-être satisfaites. C'est cela le prix d'un Africain : un cercueil et des frais de rapatriement !

Voici donc un appel massif au massacre, une sommation explicite, une incitation au meurtre des autorités indiennes avec la complicité des autorités congolaises en première ligne et africaines en général sur les quelque 30 000 étudiants africains installés en Inde et ceux d'ailleurs ! En effet, pourquoi ne tuerait-on pas de l'Africain ? Personne n'a à craindre pour sa famille, ses enfants, ses biens, ses investissements et encore moins un battage médiatique ou même politique. Les 10 000 indiens vivant au Ghana, en Ethiopie, et au Malawi, les 25 000 au Nigeria, les 70 000 au Kenya ou les 900 000 en Maurice à l'instar de ceux de la RDC peuvent dormir sur leurs deux oreilles. L'hospitalité, le respect et la dignité sont un devoir pour l'Africain et l'africain uniquement ? Trop c'est trop !

Nous attendons de nos autorités plus de fermeté, de responsabilité et de dignité face à leurs homologues dans la gestion de cette nouvelle forme d'oppression. Nous réclamons à l'avenir, des excuses publiques à l'adresse du peuple congolais et africain en général ainsi qu'un traitement honorable de la dépouille de nos citoyens rapatriés sur la terre de leurs pères.

Tout pays, toute communauté qui se respecte, ne peut continuer des partenariats avec des États qui ont pris l'engagement implicite d'en finir avec leurs ressortissants. Devrions-nous rappeler que l'inde, en 2013, se classait à la troisième position, après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, en nombre d'investissements directs en Afrique et à la première position en capital (rapport Ernst&Young 2014, Africa Attractiveness Survey) ?

L'Inde investit en Afrique parce que l'Inde a besoin de l'Afrique et non l'inverse !

La rédaction Africana network

#societe

Posts à l'affiche
Posts Récents
Archives
Rechercher par Tags
Pas encore de mots-clés.
Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square

© 2020 Africana TV CARAIBES .