RDC - SOCIÉTÉ : la difficile réintégration des expulsés de Brazzaville


Deux ans après la brutale expulsion des Congolais de RDC du Congo Brazzaville par le régime de Sassou Ngesso, que sont-ils devenus ?

Si la plupart ont rejoint leurs familles à Kinshasa ou en province, d’autres sont restées dans la capitale où ils vivent toujours dans des conditions très difficiles.

Ils sont près de 400 à squatter les abords d’un stade de Kinshasa.

Ils attendent une aide du gouvernement pour se reloger ailleurs.

Mais celle-ci tarde à venir.

Plusieurs dizaines d’abris de fortune s’étalent le long du mur du stade Cardinal Malula dans la commune de Kinshasa.

Image caption Des expulsés désorientés

Devant ces abris faits de bâches et de morceaux de tôles ruisselle un caniveau d’eau sale.

C’est là que vivent encore près de 400 expulsés de Brazzaville.

Bofanyi Philippe en fait partie. Il décrit les conditions d’hygiène épouvantables sur ce site :

"Les conditions sont très difficiles. Il n’y a pas de toilettes. Tout se fait dans les caniveaux. Quand il pleut c’est très difficile. Il y a même des cas de maladies"», explique-t-il.

Insalubrité, misère, précarité

Malgré ces conditions de vie difficiles, Charlotte, qui vit ici, s’estime tout de même chanceuse car elle a survécu aux expulsions brutales qui, il y a près de deux ans, ont mis à la porte près de 140 000 de ses compatriotes qui vivaient au Congo Brazzaville.

"On était poussé vers la sortie. Nombreux sont morts avec les difficultés liées aux expulsions . Nous remercions Dieu d’avoir survécu», se souvient-elle.

Au total, c’est près de 140 000 Congolais de RDC qui avaient été expulsés de Brazzaville dans des conditions dénoncées par plusieurs ONG.

A leur arrivée, le gouvernement les avait placés dans un camp situé dans les faubourgs de Kinshasa.

Par la suite, les autorités avaient, moyennant une somme d’argent, encouragé ces personnes à aller s’installer en province, auprès de leurs membres de familles.

Une option qu’on rejetée la plupart de ceux qui vivent ici.

Jean-Noel, 50 ans, dont 35 passés à Brazzaville, a préféré rester à Kinshasa :

"C’est vrai qu’ils ont dit que nous devrions aller en province. Là-bas, je n’ai plus personne. Ma mère, mon père et mes frères et sœurs sont mortes. Je ne pouvais pas aller vivre sous un arbre", déclare-t-il.

Ce que souhaitent la plupart des personnes qui vivent sur ce site, c’est d’être relogées ailleurs.

D’après une source proche du ministère des affaires sociales, le gouvernement a prévu d’octroyer 500 dollars à chaque ménage pour se trouver un logement.

Mais depuis plusieurs mois la somme promise se fait toujours attendre, témoigne François Okitalodi

"Qu’ils accélèrent leur promesse et prennent conscience de notre situation. On ne doit pas être traité de cette manière dans notre propre pays", se désole M. Okitalodi

Mais en attendant, les riverains du stade Malula se plaignent de la présence de ces expulsés de Brazzaville :

"L’Etat devrait nous aider à déplacer ces expulsés de Brazzaville. Certains d’entre eux sont devenus des voleurs. Avant nous étalions notre linge mais maintenant nous ne pouvons plus car ils escaladent les murs pour voler. A cause de la misère, leurs jeunes filles se prostituent", indique une riveraine.

Depuis leur installation sur ce site quatorze personnes sont décédées des suites de maladies dues à l’insalubrité.

Poly Muzalia bbc

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