MADAGASCAR - TRAVAIL MIGRANT : Appel de détresse des Malgaches du Liban


Les travailleurs domestiques au Liban dénoncent l’irresponsabilité du Consulat de Madagascar. Ils implorent le soutien de l’État. Leur message a été transmis la semaine dernière par une Libanaise.

Les travailleurs domestiques au Liban appellent au secours. Ils dénoncent l’irresponsabilité, voire l’indifférence du Consul Honoraire de Madagascar, face aux diverses difficultés qu’ils rencontrent. « Le Consul Honoraire exige une grande somme d’argent pour le renouvellement de nos passeports. On a un consulat, mais il n’y a personne pour nous représenter quand on est face à des problèmes. L’Etat malgache devrait envoyer une délégation pour arranger la situation », ont-ils souligné. Ils ont profité de la présence à Madagascar de Farah Salka, directeur du mouvement antiracisme à Liban, pour faire passer leur message. Cette dernière est venue participer au Forum interrégional du Bureau International du Travail (BIT), sur le partage des connaissances pour réaliser un programme équitable de migration pour les travailleurs domestiques migrants en Afrique, en Asie et dans les Etats arabes, effectué le 5 au 7 mai, à l’hôtel Colbert Antani­narenina.

Esclavage moderne

Ces plaintes viennent des femmes malgaches en fin de contrat ou celles qui voudraient revenir au pays, celles détenues dans des prisons, sans le soutien de quiconque. La surexploitation des employés, se manifestant par des coups et blessures, la confiscation des papiers par l’employeur conduisant à leur emprisonnement, semblent se poursuivre dans les pays du Golfe. En se basant sur les présentations des participants venus des pays arabes, ce phénomène ne pourrait pas s’améliorer dans un bref délai. « Il y a beaucoup de défis à relever pour améliorer la situation des travailleurs domestiques, en particulier, la situation liée au système de Kafala », enchaîne Farah Salka. Le système Kafala ressemble à un esclavage moderne. Ce qui fait que chaque travailleur est contrôlé par une tutelle, comme l’employeur. Ce dernier est toujours en droit de faire ce qu’il veut à l’employé, même l’enfermer dans des conditions pénibles. Pour elle, le Liban ne devrait pas encourager des étrangers à venir y travailler tant qu’il n’y a pas de protection légale pour les travailleurs migrants. Les participants malgaches au Forum, sont du même avis. L’accord bip

artite entre pays expéditeur et pays destinataire a été fortement recommandé durant le Forum. « Dans cet accord, le rapprochement familial devrait être primé. Et le pays expéditeur a l’obligation de faire des suivis réguliers », rapporte Norotiana Jeannoda, présidente du Syndicat professionnel de travailleurs sociaux. Ces recommandations semblent utopiques. Même à Madagascar, l’État arrive à peine à surveiller les employés privés de la protection sociale.

L'expressmada.


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