MARTINIQUE - JOURNALISME : Y a-t-il une presse en Martinique ?


Lorsqu’on se penche avec attention sur la société et le fonctionnement de ce cher « pays Martinique », on est frappé par une anomalie au combien surprenante et qui ne semble pourtant pas inquiéter le quidam : la Martinique est un pays sans presse.

A l’ère de la communication tous azimuts où les réseaux sociaux règnent en maîtres et où le monde est devenu un village à portée de clics, on ne peut que s’étonner de la pauvreté de la presse martiniquaise.

Un paysage clairsemé

Le très politiquement correct France-Antilles est le seul quotidien martiniquais. Créé en 1964 pour appuyer la présence française dans les D.O.M, le journal –ironiquement surnommé Fwans-manti – est vivement critiqué mais force est de constater qu’il conserve néanmoins – faute de mieux ? – l’adhésion d’une bonne partie de la population. Le problème c’est que le quotidien se contente de compiler l’actualité sans proposer aucun sujet de fond ni aucune analyse.

Ce rôle est plutôt dévolu aux quelques hebdomadaires comme Antilla qui paraît depuis près de 35 ans. Cependant ces publications restent trop confidentielles pour espérer toucher le citoyen lambda.

Idem pour les journaux d’opinion qui ne s’adressent pas au plus grand nombre.

Le développement d’internet aurait pu modifier cette triste situation. Or il n’en est rien. La toile abrite bien quelques publications mais l’analyse constructive laisse trop souvent la place aux querelles de clocher. Chacun défend sa paroisse, quand cela ne tombe pas dans le règlement de comptes pur et simple.

A qui profite le crime ?

Dans les démocraties, la presse joue un rôle essentiel dans la formation du citoyen. Elle permet de diffuser ce que d’aucuns voudraient cacher, de faire émerger certains débats ou de relayer la contestation.

Que dire, d’un pays où seules s’expriment les opinions partisanes sans qu’une information neutre ne soit accessible au citoyen. Car si la neutralité journalistique est un mythe, l’objectivité et les faits eux existent !

Que dire d’un pays où les débats se limitent aux querelles de personnes et où le journalisme s’apparente à l’invective ?

Que dire d’un pays où la population est laissée dans l’ignorance totale des enjeux qui déterminent son présent et son futur, et est maintenue dans une espèce de sommeil léthargique.

Dans un tel contexte, toutes les échéances électorales qui se succèdent ne font qu’entériner une situation des plus dramatiques : pauvreté des débats, échanges dignes d’une cour de récréation, votes en fonction de la tête du client ou de la couleur de sa chemise, électoralisme et j’en passe…

Si cette sombre situation en attriste beaucoup, gageons qu’elle en arrange bien d’autres qui misent sur le maintien de la population dans l’ignorance pour conserver leurs privilèges.

En effet, une population désinformée, c’est une population manipulable.

Une population désengagée, c’est une population sans perspectives qui consomme pour tromper le vide, à crédit ou comptant, en carte bleue ou en liquide.

L’ignorance des uns remplit les poches des autres et les complices se partagent les miettes.

Angèle.M pour AFRICANA NETWORK

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