CARAIBES - CINEMA : Lynda D’Alexis : « Les grands circuits de distribution font comme si nous n’exis


Lynda D'Alexis a reçu le prix du public pour son film Rico

Le 7e art aux Antilles est tout ce qu’il y a de plus dynamique. Plusieurs festivals lui laissent carte blanche pour s’exprimer. Une liberté qui ne lui permet pas pour autant d’exister en dehors de ces cadres exceptionnels. Entre le Femi, le Prix de court, les rencontres du film d’éducation ou encore le Terra Festival, la créativité sur bobine a de l’avenir devant elle, mais reste dans des cercles trop confidentiels.

Quelle vie pour les productions caribéennes en dehors des festivals ? Voilà la question qui se pose. Le prix de Court a dévoilé son palmarès 2016, un peu avant lui, le Femi en a fait de même et du 15 au 23 avril, c’est le Terra festival qui va mettre à l’honneur et récompenser les talents d’ici. Aujourd’hui encore le travail de valorisation des productions cinématographiques locales dépend pour beaucoup de l’initiative des réalisateurs et producteurs eux-mêmes, à l’instar de la soirée spéciale films caribéen organisée ce mercredi 30 mars par la jeune réalisatrice d’origine guadeloupéenne Lynda D’Alexis. L’industrie du cinéma prenant de plus en plus de place dans l’économie des Antilles, les moyens pour le développer sont en pleine expansion.

Un travail lent.

Plusieurs leviers ont été actionné au cours des dernières années. Exemple flagrant de ce dynamisme, le bureau d’accueil des tournages de Guadeloupe. Mis en place en 2008, il a permis à la destination Guadeloupe de s’imposer au niveau international en devenant le décor de l’une des séries anglo-saxonnes les plus successful, Death in paradise. Mais pas que. Le second volet de La smala s’en mêle a également posé ses valises en Guadeloupe, et depuis déjà trois ans Villa Karayib est en tournage récurrent sur l’archipel. Des exemples qui s’ajoutent aux nombreux autres tournages. On peut citer entre autre, Le Gang des antillais réalisé par Jean-Claude Barny qui a également présenté dans la foulée son film Rose et le soldat. En résumé, courts et longs métrages confondus, le territoire de la Guadeloupe affiche plus de 200 jours de tournage effectifs, ce qui est remarquable.

Pour autant, les réalisations antillaises ne bénéficient pas des mécanismes de distribution et de diffusion classiques. Il faut encore des initiatives comme celles de Yannis Sainte-Rose qui a présenté son reportage sur Haïti au cours d’une projection exceptionnelle en janvier dernier ou de Lynda d’Alexis qui s’exprime face à cette réalité : « J’avais prévu depuis un moment de projeter mon film Rico à Paris, mais les choses se sont enchaînées pour moi après mon avant-première à Deshaies. En y réfléchissant je me suis dit qu’il fallait proposer aux gens d’autres films du coup j’ai proposé une soirée à thème. Vu la vitesse avec laquelle les billets partent, je confirme qu’il y a une forte demande. Ce n’est pas une démarche personnelle, il s’agit de montrer qu’il y a une nouvelle génération de réalisateurs qui émergent aux Antilles. Même si les grands circuits de distributions font comme si nous n’existions pas. Je pense que ça va changer, en tout cas je l’espère« .

Un exemple de mécanisme de mise en lumière qui table sur le moyen terme, le festival du prix de court prévoit une diffusion dans les salles antillo-guyanaises du film primé. C’est donc Johann Nertomb et son Pa Jwé choisi par le jury du Prix de court qui va bénéficier d’une projection au grand public pendant une quinzaine de jours. Une opportunité encore trop rare. Pour autant des efforts sont faits, aidés par le soutien de certaines collectivités locales et optimisés par la dématérialisation des supports qui rend accessibles énormément de réalisations. L’accès aux circuits de distributions nécessite également une professionnalisation du secteur. Les films doivent enfin avoir un visa d’exploitation pour s’insérer dans un vrai parcours commercial.

« Ce n’est pas que la Caraïbe, ce sont les films noirs en général. Et la ségrégation raciale a toujours existé, partout dans le monde. Il y a énormément de choses qui rentrent en compte. Les circuits de distribution ne sont pas en ligne de mire. Malgré tout, j’ai beaucoup d’espoir. Mon objectif le plus cher est de porter notre cinéma le plus loin possible et ainsi de faire rêver le monde avec nos propres histoires car nous en sommes riches« , poursuit Lynda D’Alexis.

Une synergie qui contribue à l’établissement d’une économie du 7e art et qui place le cinéma caribéen en bonne place pour un développement économique. En attendant les initiatives comme cette soirée spéciale films caribéens et les festivals sont encore les plus belles vitrines pour les talents made in French west indies.

source : mediaphore

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