GUYANE - BIOPIRATERIE : Alexandre s'oppose à l'imminence d'un accord avec l'IRD.


Le brevet de l’IRD sur une molécule de couachi continue de virer à l’aigre à Suzini. Rodolphe Alexandre s’oppose à la signature d’un accord. Accord décidé par Paris pour calmer la fièvre médiatique.

« Il me semble prématuré d’annoncer une signature d’un accord » a rétorqué vendredi le président de la CTG, Rodolphe Alexandre, dans un courrier ouvert, adressé au président directeur général de l’IRD, Jean-Paul Moatti.

Au cours d’une entrevue à Paris il y a quelques jours, M. Moatti avait fait savoir aux parlementaires Karam et Berthelot (moins vindicatifs que la CTG sur ce dossier, lire Guyawebdu 01/02 et du 04/02) que la signature « d’un protocole d’accord » entre la CTG, le secrétaire d’Etat à la Recherche, Thierry Mandon et l’IRD était imminente (Guyaweb du 08/02). Une annonce qui n’est pas du goût de Rodolphe Alexandre, lequel dans cette affaire de brevetabilité de l’isolement d’une molécule de couachi est décidément sur la touche, alors qu’il préside le comité d’accès aux ressources biologiques et partage des avantages (APA) de Guyane !

« Vous avez souhaité dans divers entretiens médiatisés qu’un accord puisse être trouvé lors d’une visite du secrétaire d’Etat à la Recherche, à l’occasion d’un déplacement en Guyane – que je comprends être déjà prévu début mars prochain, renâcle Rodolphe Alexandre. Ce délai de quelques jours n’aura pas permis, à mon sens, de régler aussi rapidement les questions que pose le dépôt unilatéral, sans déclaration ni contrôle, par l’IRD de brevets relatifs à des molécules ou recherches basées sur des savoirs traditionnels. »

« Il sera selon moi nécessaire d’avoir préalablement un recensement exhaustif des brevets déposés par l’IRD qui, d’après la presse, auraient été déposés en nombre depuis plusieurs années dans ces domaines d’une part, et d’autre part, de connaître l’état d’avancement des recherches auxquelles ils ont donné lieu. »

Le rôle des « représentants autochtones »

« Je souhaite donc que les conditions d’un accord soient d’abord réunies permettant de poser les bases du respect des droits des peuples autochtones [Plutôt que autochtones ne faudrait-il par parler de tous les détenteurs de savoirs-traditionnels guyanais. D’autant que pour le couachi les enquêtes de terrain ont été menées auprès de Brésiliens, Créoles, Galibi, Hmongs, Européens, Palikur] et dans le même temps, du respect du travail de recherche, avant de présumer d’un accord aussi rapide, basé sur un seul brevet. » s’oppose M. Alexandre qui réserve le droit à la CTG d’« informer et de mener les discussions » avec les « représentants des peuples autochtones » « sur la nécessité et l’opportunité de ces pratiques opaques de dépôt de brevet. »

On se souviendra quand même qu’en 2011, en pleine discussion sur l’écriture de la charte du parc amazonien, la vice-présidente Hélène Sirder avait réclamé en conseil d’administration du Parc amazonien que soit ôté du texte la nécessité d’un « consentement préalable des autorités autochtones » dans le cadre de l’usage des ressources génétiques issues de la biodiversité…

Source : guyaweb.com

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