AFRIQUE - COIFFURES TRADITIONNELLES : Toute une histoire !


Le symbolisme des coiffures dans les traditions africaines

Dans l’Egypte antique, les enfants, garçons et filles, avaient le crâne rasé excepté une tresse sur le côté de la tête appelée Tresse de l'Enfance. Cette coutume rendait hommage à Horus, le dieu solaire, qui portait la même natte étant enfant. La façon dont était décorée la Tresse indiquait le rang social de l'enfant : fermoir en or pour les familles royales et bourgeoises ou de simples fleurs pour les agriculteurs et les ouvriers. À la puberté, le passage à l'âge adulte était donc symbolisé par la perte de la Tresse : les futurs hommes se rasaient entièrement le crâne alors que les futures femmes se laissaient pousser les cheveux.

Valeur et signification des coiffures dans la civilisation Africaine

La coiffure s’est forgée sur des bases sociales, culturelles, idéologiques, et a subi une évolution remarquable durant les siècles. Toutefois certaines tendances ont profondément marqué les esprits à des moments donnés de l’histoire. La coiffure est profondément encrée dans les valeurs traditionnelles Africaines, elle est un repère hiérarchique social et traditionnel, et ce tout en mettant un accent particulier pour le cas du Bénin.

La civilisation africaine s’est toujours caractérisée par son profond attachement à ses mœurs et traditions. C’est en ce sens que la coiffure africaine reflète en elle-même toute une idéologie ancestrale ; même si les africains sont de plus en plus tournés vers les tendances du Nord.

Au mali par exemple chez les peulhs, la réalisation des coiffures était une activité réservée aux gens de castes. Par ailleurs dans certaines contrées comme chez les Khaso, les Macina, les Bwatu, la coiffure permettait d’identifier une nouvelle mariée, une veuve, une femme libre de tout engagement. L’amour, la haine, la colère, le désir sexuel, le courage sont autant de sentiments qui s’expriment facilement à travers la coiffure. Les coiffures avaient une place fondamentale et primordiale dans la cohésion au niveau des familles, de la communauté et de la société. Cet art est transmis de génération en génération. Les coiffures n'étaient pas fantaisistes et chacune d'elles avait sa signification propre selon l'âge, le sexe... On était donc coiffé(e) selon... et non juste par choix. De plus les cheveux étaient seuls utilisés pour les différentes coiffures sans autre rajout que les perles et cauris. De nos jours les coiffures sont multiples et multiformes et sont à portée de main. Selon le choix on a : les tresses, les nattes, les coiffures traditionnelles (des coiffures avec des cauris, des coquillages, des perles), des tissages ou rajouts pour ne citer que ceux là.

Dans la culture béninoise, en particulier au Sud, la chevelure à travers les âges et les sociétés revêt à plusieurs égards de la vie culturelle et sociale, un symbolisme particulier. Les cheveux constituent une arme de séduction, non seulement chez la femme mais aussi chez les hommes actuellement. Certains jeunes initiés ont le crâne rasé durant l’initiation et/ou à la sortie du couvent.

Les cheveux rasés traduisent une défaite chez les peuples vaincus. Les femmes adultères, les voleurs, les enfants indociles subissent le même sort. Les cheveux ont toujours été choisis au Sud Bénin pour symboliser le deuil : dès que la personne meurt, les éplorés défont les cheveux, enlèvent leurs parures. Après l’enterrement, les proches parents se rasent la tête pour exprimer leur douleur et témoigner leur attachement à l’être cher ou leur tristesse au cours des cérémonies spécifiques.

Le coiffage, loin d’être simplement fonctionnel, a toujours constitué une véritable pratique sociale, rituelle, cérémonielle, initiatique ou tout simplement conviviale, à laquelle on peut consacrer des heures voir des jours. Les coiffeuses traditionnelles avaient une place fondamentale dans la cohésion familiale, communautaire et sociale parce qu’en tant que confidentes privilégiées des femmes, souvent des reines et des princesses, elles savaient tout sur tout le monde, sur les origines et l’histoire des lignées et de parentés.


Les tresses et nattes africaines sont parfois le fruit d’un véritable travail d’orfèvre, faisant appel à une géométrie aux lignes pures et aux arabesques recherchées. Malgré sa fantaisie apparente, la coiffure africaine est très codée. Dans certaines communautés, où le haut du crâne représente le siège de l’âme, on observe encore de nombreuses coiffes correspondant à des étapes de la vie : la naissance, l’initiation, le mariage et le deuil.

A une époque pas moins éloignée, tresses et nattes étaient portées à la fois par les hommes et par les femmes. Les hommes faisaient même preuve davantage de créativité et de sophistication dans ce domaine, comme dans l’ensemble des pratiques esthétiques en général. Les hommes Bororo et Massaï, que l’on présente aujourd’hui comme des curiosités "efféminées" sont en réalité le vestige de pratiques esthétiques masculines, généralisées sur le continent africain, avant la période coloniale. L’embellissement ou la coquetterie n’étaient pas alors des questions de genre et la beauté l’apanage des femmes. Mais le christianisme et sa rigueur patriarcale sont passés par là, stigmatisant chez l’homme tout artifice ou apprêt physique.

Chaque pays et ethnie de l’Afrique sub-saharienne ont su créer leur propre style avec des matériaux aussi divers que l’argile, le karité, la laine, le raphia, le fil d’or, les coquillages et les perles. Les cheveux ont toujours fait l’objet de nombreux soins. Ils peuvent être enduits de graisse animale mêlée d’une teinture ou d’une pâte végétale (comme chez les Masaï) qui a pour but principal, indépendamment de son côté "esthétique", de protéger la tête des parasites (mouches, moustiques, tiques).

Tirés, tressés, nattés, prolongés, les cheveux, objets de tous les soins, sont confiés à plusieurs personnes, souvent dans l'intimité du cadre familial pour éviter que leur puissance magique ne tombe entre des mains mal intentionnées où elle pourrait subir un mauvais sort. Aujourd'hui encore, cette croyance perdure dans certains milieux où les cheveux ne doivent pas être confiés à n'importe qui, ni coupés la nuit par crainte que les mauvais esprits ne s'en emparent.

Des centaines de statuettes et de masques présents en Afrique et dans les musés en occident témoignent de l'extraordinaire créativité capillaire des peuples d'Afrique autant que de celle de leurs sculpteurs, qui ont su restituer avec un magistral sens du détail les coiffes et les parures traditionnelles dont beaucoup ont aujourd'hui disparu.

Par Evine Ayong

Sources: ayong.fr / beauté.afrik.com / africultures.com

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