CARBURANTS : Afrique : Face à la baisse des prix du pétrole une seule solution : La diversification


Nigéria, Algérie, Angola, Gabon … Les pays africains producteurs d’hydrocarbures ont une faiblesse commune : une trop grande dépendance envers le secteur primaire pétrolier et une économie qui reste peu diversifiée. Ainsi a-t-on observé que pendant les 27 mois (de juin 2012 à septembre 2014) au cours desquels le prix du baril à l’international était supérieur à 100$, les producteurs d’hydrocarbures africains affichaient une croissance du PIB solide souvent supérieur aux 5% de taux de croissance moyens du continent.

Des pays surpris par la baisse des prix du pétrole

En septembre 2014, le prix du baril a amorcé sa chute en dessous du seuil symbolique de 100$ et atteignant même 47$ le 12 janvier 2015. A ce stade il convient de rappeler que plusieurs économistes annonçaient que l’abondance des pétroles de schistes américains sur le marché conduirait inexorablement à une chute des prix du fait de la loi de l’offre et de la demande.

Il semble cependant que les pays africains producteurs d’hydrocarbure n’étaient pas préparés, au contraire. En effet, la lecture des cadrages économiques initiaux de certains pays montre que les lois de finances ont été élaborées avec des prévisions pour le moins optimistes. Ainsi l’Algérie anticipait un prix moyen du baril de 121$, le Gabon 97$ et le Congo Brazzaville 95$. Malheureusement pour eux le pétrole s’échange aujourd’hui à 61$ le baril. Conscient de cette impréparation, l’agence de notation S&P a successivement dégradé les pays pétroliers africains.

L’indispensable diversification de l’économie

Afin de limiter l’impact de la chute des prix du pétrole sur leurs modèles économiques, les pays africains producteurs d’hydrocarbure se sont engagés à modifier la structure de leurs budgets. Le Gabon a par exemple choisi de mettre fin à la péréquation qu’il assurait sur la vente des hydrocarbures à la pompe. Une mesure qui devrait permettre d’économiser de 100 à 150 milliards de Francs CFA. L’Agérie quant à elle tente de s’engager dans une diplomatie économique dans le but de convaincre les pays producteurs de réduire les quantités d’hydrocarbures injectées sur le marché. Ces initiatives bien que parfois nécessaires ne constituent cependant pas des solutions durables. La solution pour les pays pétroliers d’Afrique se résume en un mot : DIVERSIFICATION. C’est par la diversification de l’économie que ces pays résisteront mieux aux chocs exogènes. Les atouts ne manquent pas et les opportunités non plus. L’Afrique est de par sa population le 3e marché du monde après la Chine et l’Inde, cependant les échanges intra-régionaux sont quasiment inexistants. L’industrie des pays africains reste balbutiante et souvent introvertie. Il existe pourtant un marché africain et une classe moyenne de plus en plus importante.

Le tourisme reste pour chaque pays africain un levier qui n’est pourtant pas suffisamment développé ou trop localisé alors qu’il pourrait être un important pourvoyeur d’emplois et de devises. Il en va de même pour le secteur agricole. Certes certains pays africains ont entamé leur révolution agricole. Cependant comment ne pas s’étonner que moins d’une dizaine de pays sur les 54 que compte le continent africain consacre plus de 10% de leurs ressources budgétaires à l’agriculture alors qu’ils s’y étaient engagés à Maputo ?

Les pays africains producteurs d’hydrocarbures doivent donc s’affranchir de leur dépendance au secteur primaire pétrolier et s’engager dans une diversification véritable au bénéfice de leurs peuples.

Mays Mouissi


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