BURKINA FASO : Les anciens putschistes de l'ex-RSP attaquent un dépôt d'armes à Ouagadougou


Un dépôt d'armes et de munitions de l'armée burkinabè, près de Ouagadougou, a été attaqué, vendredi, 22 janvier, par d'anciens membres du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'unité auteur d'un putsch raté, en septembre, a annoncé l'armée burkinabè dans un communiqué.

"Aux environs de 03H00 (locales et GMT), une tentative d'incursion n'ayant fait aucune victime a eu lieu au niveau du magasin d'armement de Yimdi", à 20 km à l'Ouest de Ouagadougou, selon le communiqué qui ajoute que "les auteurs de cette tentative ont été identifiés comme des éléments récalcitrants de l'ex-RSP", selon le communiqué.

"Il y a eu une attaque de la soute (dépôt) à Yimdi très tôt. Ceux qui l'ont fait sont des éléments de l'ex-RSP, ils ont pu ramasser des armes et des munitions et partir avec", a assuré une source au sein de l'armée burkinabè s'exprimant sous couvert d'anonymat.

"Ils ont emporté des caisses d'armes et de munitions. Nous sommes en train de faire le point", a indiqué la cette source.

"Ils étaient une vingtaine. Ils ont ligoté certains des hommes qui étaient sur place avant de mener l'opération. Pour l'instant, on compte un blessé parmi les soldats qui assurent la garde de la soute. On a pu identifier quelques-uns d'entre eux et nous poursuivons les investigations", a confié une autre source militaire.

Cette attaque survient alors que Ouagadougou a été la cible, vendredi dernier, d'une attaque djihadiste, qui a fait 30 morts et que les forces de sécurité sont, prioritairement, "Trois ex-éléments du RSP soupçonnés de complicité avec leurs camarades auteurs de l'attaque du dépôt d'armes burkinabè ont été interpellés dans le cadre des investigations et sont actuellement interrogés par la gendarmerie", a indiqué un gendarme.

"On a pu en repérer quelques-uns. Il y a une opération en cours. La course-poursuite a commencé", a indiqué une source militaire à l'Etat-major des armées.

"Il faut mettre la main sur ceux qui sont venus taper. Il y a eu au moins une complicité parmi les éléments de garde", a ajouté cette source sous couvert de l'anonymat.

Fort de quelque 1.300 hommes, le RSP, unité d'élite de l'armée burkinabè, était la garde prétorienne du président, Blaise Compaoré, chassé, par la rue, fin octobre 2014, après 27 ans, au pouvoir.

Le RSP a été dissous pour avoir mené, le 17 septembre, sous la direction du général, Gilbert Diendéré, un coup d'état contre le gouvernement de transition mis en place après la chute de M. Compaoré. Le putsch a été mis en échec, en moins d'une semaine, suite à une mobilisation de la population soutenue par une partie de l'armée loyaliste. Une soixantaine de personnes ont été écrouées, dont le général, Diendéré, poursuivi pour "crimes contre l'humanité".

Fin décembre, au moins, 38 soldats de l'ex-RSP et deux civils ont été écroués pour leur implication présumée dans un projet de libération du général Diendéré. Ils planifiaient d'attaquer des casernes et profiter du chaos ainsi créé pour libérer les putschistes, avait alors expliqué une source sécuritaire.

La chute de Blaise Compaoré, en octobre 2014, et surtout, les conséquences du putsch raté de septembre ont, considérablement, affaibli l'armée et l'appareil sécuritaire, choyés sous Compaoré, lui-même, issu des rangs de l'armée, selon plusieurs sources proches du dossier.

Le général Diendéré, ancien bras droit de Compaoré, gérait tout le renseignement et les médiations avec les groupes djihadistes alors que le RSP, considéré comme une armée dans l'armée, bien entraîné et équipé, était le plus souvent appelé en cas de crise.

#securite

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