COMMEMORATION - GUADELOUPE : 1802 29 Novanm.


Solitude, née à la Guadeloupe vers 1772, exécutée le 29 novembre 1802, est une figure majeure de la mémoire guadeloupéenne.

Bien que les documents historiques la concernant soient lacunaires, elle serait le fruit du viol de sa mère par les marins d’un bateau négrier. Comme de nombreuses femmes de la Guadeloupe, Solitude, enceinte de trois mois, a participé vaillamment, aux côtés de Louis Delgrès , aux combats de mai 1802 pour résister au rétablissement de l’esclavage ordonné par Napoléon Bonaparte.

Lorsqu’elle fut prise et condamnée à mort, le fait qu’elle était enceinte entraîna un sursis à son exécution. Elle aurait du être exécutée six mois plus tôt, mais les colons ne voulaient pas de gâchis : ce ventre animé pouvait rapporter deux bras de plus à une plantation.Elle ne fut pendue que le lendemain de son accouchement, le 29 novembre 1802, de sorte que son enfant puisse devenir la propriété d’un esclavagiste. Solitude a été évoquée dans plusieurs romans. Il est toutefois regrettable qu’on accole le plus souvent à son nom l’épithète de « mulâtresse ». Ce terme a en effet été imaginé par les esclavagistes, et notamment Moreau-de-Saint-Méry, pour exprimer à quel point les personnes résultant de l’alliance des Européens avec les Africains étaient contre-nature et méprisables. Mulâtre vient en effet de mulet. Dans l’imaginaire colonial, le « mulâtre » était le « produit » de la « saillie » d’un cheval (l’Européen) avec une ânesse (l’esclave africaine). Les mulets, on le sait, sont stériles.

Le terme de mulâtre, qui n’était utilisé que par les négriers et les colons, était extrêmement injurieux et méprisant.

Il est donc assez désolant qu’une fière combattante comme Solitude – du fait de l’ignorance de ceux qui croient bien faire, de la perversité aussi de ceux qui savent – soit passée à la postérité sous une épithète on ne peut plus raciste et esclavagiste.

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