DIASPORA EUROPE: Après l’assaut de Saint-Denis, une Guadeloupéenne et sa famille attendent toujours


Une semaine après l’assaut du Raid à Saint-Denis, Akésia et sa famille sont hébergées provisoirement dans le gymnase de la ville. Encore sous le choc, la jeune Guadeloupéenne ne peut pas regagner son appartement touché par les tirs. Une semaine après l’assaut de Saint-Denis, Akésia et sa famille sont hébergés provisoirement dans le gymnase de la ville. Des lits de camp, des couvertures, une pile de vêtements et quelques jouets. Depuis une semaine, Akésia, Guadeloupéenne, est hébergée dans le gymnase de la ville de Saint-Denis, en région parisienne. "Depuis mercredi dernier, nous n'existons plus. C’est comme si on avait dû mourir ce jour-là". Mercredi dernier, c’est le jour de l’assaut mené par le Raid à Saint-Denis suite aux attentats de Paris.

Jusqu'à cette date, Akésia, son fils de 18 mois et son compagnon, habitaient au 48 rue de la République, dans la même cour que l’appartement des terroristes. "Il était 4h20, raconte la jeune femme. J’ai entendu des tirs dehors. Mon compagnon voulait me rassurer en me disant que c’était des imbéciles qui jouaient avec des pétards, mais ça tirait beaucoup trop".

Terrifiée par les bruits "de tirs et d’explosions", Akésia, 25 ans, s’approche de la fenêtre de son studio. "J’ai vu des hommes en noir lourdement armés partout dans la rue, se souvient-elle la gorge serrée. J’ai dit à mon compagnon qu’il se passait quelque chose de grave". Quelques minutes plus tard, une balle traverse la fenêtre de l’appartement. "La vitre s’est brisée, le rideau est tombé, raconte Akésia. On voyait les lasers rouges des tireurs d'élite pointés sur les murs du studio".

Akésia et sa famille se jettent alors à terre. Allongée sur le sol de l’appartement, la jeune Guadeloupéenne attrape une couette, recouvre leurs corps et se saisit de son téléphone. "Nous sommes restés couchés là plusieurs heures, raconte-t-elle. Il y a eu une forte explosion, les murs du bâtiment ont tremblé. J’ai essayé de rassurer mon petit garçon, nous le tenions contre nous. On a appelé la police à plusieurs reprises pour dire que nous étions là".

Akésia et son compagnon chuchotent, "de peur d’être repérés par les terroristes". La jeune femme échange avec ses proches en Guadeloupe. "J’ai envoyé un message Whatsapp à la famille, j’ai écrit : - coups de feu à Saint-Denis, nous allons bien -". L'angoisse d'Akésia dure près de sept heures, jusqu’à ce que la police frappe à la porte vers 11 heures, pour assurer leur évacuation.

Depuis cette nuit d’horreur, Akésia a du mal à trouver le sommeil. "J’ai des angoisses, des trous de mémoire, j’oublie des mots, j’ai l’impression de devenir bête", se désole la jeune femme encore sous le choc.

#securite

Posts à l'affiche
Posts Récents
Archives
Rechercher par Tags
Pas encore de mots-clés.
Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square

© 2021 Africana TV CARAIBES .